Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

  • Oui, le plein emploi est possible (mais pas souhaité)

    Réduire le chômage à zéro, c'est possible ? Bien sûr ! Et très facilement, d'ailleurs ! C'est ce que s'est évertué à m'expliquer un type que j'ai croisé récemment, à l'occasion d'un séminaire à Reims. Celui-ci s'est en effet employé à me vanter les bienfaits du partage du travail. Cette vieille solution est souvent ramenée sur la table en période de stagnation économique. Le système de retraite anticipée a d'ailleurs été implanté en suivant cette idée. La logique qui présidait à ce système pouvait se présenter ainsi : si les plus vieux cessaient leurs activités plus tôt que prévu, ils cèderaient leur place aux plus jeunes, ce qui ferait baisser significativement la courbe du chômage. Une idée a priori tout à fait louable, si ce n'est qu'elle fait l'impasse sur un « détail » : le fait de redistribuer le travail ne contribue pas à l'augmentation de la richesse. Celle-ci ne se définit en effet pas par l’emploi mais par l'ensemble de la valeur ajoutée. Que cette valeur soit apportée par deux, dix ou deux cent mille salariés n'y change donc strictement rien : le fait de partager du travail parmi un grand nombre de personnes ne saurait en rien renforcer la richesse ! C'est là tout le problème de cette solution « miracle ». En partageant le travail, il est parfaitement possible de mettre fin au chômage dans notre pays. L’interdiction de portes automatiques permettrait de créer des milliers d’emplois de portiers. Mais cela augmenterait dans le même temps le coût de gestion des édifices, ce qui mènerait en définitive à une croissance moindre. Mettre à la retraite les travailleurs dès 55 ans est tout à fait envisageable : cela permettrait après tout de proposer davantage d’emplois aux jeunes. Seulement, cette mesure ne ferait, comme la retraite anticipée, que contribuer à augmenter le prix du travail, étant donné qu’un nombre plus grand de retraités devraient alors être soutenus avec les revenus des travailleurs. La hausse généralisée du prix du travail pèserait en fin de compte sur les chances de décrocher un poste. Cette mesure vouée à faire baisser le chômage... ne le ferait donc pas baisser du tout ! En tout cas, la discussion que j'ai eue lors de ce séminaire à Reims aura eu le mérite de me faire bien rire, à défaut de me convaincre. D’avantage d’information est disponible sur le site de l’agence séminaire en Champagne, qui gère cette manifestation.

    12748156_463554970519959_593138345_n.jpg

  • Depuis la guerre

    Depuis la dernière guerre avec la France bien des choses ont changé et se sont déplacées en Allemagne et il apparaît clairement que l'on a aussi rapporté de là-bas quelques nouveaux vœux qui concernent la culture allemande. Cette guerre fut pour bien des gens le premier voyage dans la partie élégante du monde. De quel magnifique désintéressement ferait preuve le vainqueur s'il ne dédaignait pas d'apprendre un peu de culture chez le vaincu! C'est en particulier sur le domaine de l'art appliqué que l'on voudrait sans cesse rivaliser avec le voisin cultivé. L'installation de la maison allemande doit ressembler à celle de la maison française. La langue allemande elle-même, par l'entre-mise d'une académie fondée sur le modèle français, doit s'attribuer le «bon goût» et se débarrasser de l'influence néfaste que Gœthe a exercée sur elle. C'est du moins ce qu'a affirmé récemment l'académicien berlinois Dubois-Reymond. Nos théâtres ont depuis longtemps aspiré, tranquillement et honnêtement, au même but. On a même inventé le savant allemand qui serait élégant! Il fallait donc s'attendre à voir écarté tout ce qui jusqu'à présent ne semblait pas se soumettre à cette loi de l'élégance, la musique, la tragédie et la philosophie allemandes. Mais, vraiment, il n'y aurait pas de quoi remuer le petit doigt en faveur de la culture allemande, si l'Allemand, sous le nom de culture, qui lui fait encore défaut et qu'il devrait acquérir maintenant, n'entendait que les artifices et les agréments qui enjolivent la vie, y compris l'ingéniosité des maîtres de danse et des tapissiers, s'il ne devait s'appliquer, dans son langage, qu'aux règles académiques et à une certaine civilité générale. La dernière guerre et le contact personnel avec les Français ne semblent pourtant pas avoir suscité d'aspirations plus hautes et je soupçonne souvent l'Allemand de vouloir se dérober au devoir ancien que lui imposent ses dons merveilleux et la singulière profondeur, le sérieux de sa nature. Il aimerait beaucoup mieux s'amuser à faire le singe, apprendre des manières et des tours qui rendraient sa vie plus divertissante. On ne saurait faire une injure plus grave à l'esprit allemand qu'en le traitant comme s'il était de cire, malléable au point que l'on pourrait un jour, par un simple modelage, lui donner de l'élégance. Et s'il était malheureusement vrai qu'un grand nombre d'Allemands se sentiraient disposés à se laisser ainsi modeler et redresser, il faudrait répéter sans cesse, jusqu'à ce que l'on finisse par l'entendre: «Elle n'habite plus du tout en vous, cette vieille façon allemande, qui, bien qu'elle soit dure, âpre et pleine de résistance, est pourtant la matière la plus précieuse, celle que seuls les grands sculpteurs peuvent utiliser, parce que seule elle est digne d'eux. Ce que vous avez en vous est, par contre, une matière molle et pâteuse. Faites-en ce que vous voulez, pétrissez d'élégantes poupées et des idoles intéressantes, le mot de Richard Wagner demeurera toujours vrai: «L'Allemand est anguleux et gauche lorsqu'il veut affecter de bonnes manières, mais il apparaît sublime et supérieur à tous quand on le met au feu.» Les élégants ont toutes les raisons de se mettre en garde contre ce feu allemand, car il pourrait les délivrer un jour, eux, leurs poupées et leurs idoles de cire.

  • Explosion de la taxe foncière

    Dans les communes tendues, la taxe foncière des terrains à bâtir flambe, multipliée par deux, dix ou cent. Le gouvernement se serait bien passé d'une telle publicité. Alors que François Hollande martèle régulièrement que les impôts n'augmenteront plus avant la fin du quinquennat, un certain nombre de contribuables ont eu l'impression de recevoir un véritable coup de massue en découvrant le montant de leur taxe foncière. Depuis le 1er janvier, en effet, les terrains constructibles, non bâtis situés dans les 28 agglomérations dites tendues - dont Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Marseille-Aix-en-Provence - sont surtaxés. La valeur locative de cet impôt local est ainsi majorée de 25 % et surtout les propriétaires paient une taxe forfaitaire de 5 euros par m². Résultat, cette année, les taxes foncières de ces terrains ont été multipliées par deux, dix, voire cent! Et ce n'est qu'un début, puisque cette taxe passera à 10 euros le m² en 2017. Les agriculteurs et les propriétaires de maisons avec jardin échappent au couperet. «Il s'agit d'une expropriation indirecte. En dix ans, dans certains secteurs, les propriétaires paieront en impôt l'équivalent de la valeur de leur terrain», s'insurge, Jean Perrin, président de l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI). Passée quasiment inaperçue, cette mesure a d'abord fait l'objet d'un amendement voté en mars 2012 par le gouvernement Fillon, avant d'être intégrée dans les projets de loi de finances pour 2013 et puis pour 2014. Cette année, 1730 propriétaires sont touchés, assure-t-on à Bercy. Ce qui paraît peu, sachant que 618 communes sont concernées par cette nouvelle donne. Chacune doit transmettre chaque année à l'administration fiscale la liste des terrains constructibles. Se voulant dissuasive, cette inflation fiscale vise à inciter les propriétaires à céder leurs parcelles dans les zones où l'offre est insuffisante et à limiter de ce fait la hausse des prix du foncier. «Il s'agit d'une mesure en faveur du logement et non d'une mesure fiscale. Pour construire davantage de logements, il y a trois difficultés: la disponibilité foncière, la volonté politique et les normes qui renchérissent les coûts», insiste-t-on à Bercy, en tentant de dédramatiser la situation. «Il s'agit d'une expropriation indirecte. En dix ans, dans certains secteurs, les propriétaires paieront en impôt l'équivalent de la valeur de leur terrain» La médiatisation du sujet va en effet à l'encontre de la communication gouvernementale, grandement focalisée en cette rentrée sur les réductions d'impôt pour plus de huit millions de contribuables en 2016. La hausse de certaines taxes foncières gonflera faiblement les recettes des communes concernées, mais elle fait grand bruit. Bien plus d'ailleurs que l'annonce de la nouvelle réduction en 2016 du nombre de contribuables soumis à l'impôt sur le revenu (46 % l'an prochain). Le gouvernement a mis le doigt sur une corde très sensible. Après plusieurs années consécutives de hausses d'impôts, les contribuables éprouvent un véritable «ras-le-bol» fiscal. La majorité des Français, et pas seulement les plus aisés, paient des impôts locaux, qu'il s'agisse de la taxe d'habitation ou de la taxe foncière. Des impôts qui viennent d'augmenter dans plus d'un tiers des grandes villes. «Il ne faut plus voter des mesures fiscales sans savoir qui va payer», a déclaré embarrassée dans Le Parisienla rapporteuse générale du budget, Valérie Rabault. Des voix commencent à s'élever pour amender le calcul de la taxe foncière dans les zones tendues. «Il faudrait que soit redonnée aux communes ou aux intercommunalités compétentes en matière d'urbanisme la capacité d'ajuster la majoration forfaitaire», demande l'Assemblée des communautés de France (AdCF). Un pouvoir dont disposent les communes qui sont situées dans les zones non tendues. «Elles peuvent désormais imposer si elles le souhaitent une hausse d'impôt pouvant atteindre 3 euros le m2», souligne Christiane Richard, avocate fiscaliste.